Les experts se retournent contre l'interdiction des stupéfiants

Traduction d'un article de Ian Dunt, 10 juillet 2010. Lien en bas de page.


[Grande-Bretagne] Les partisans d'une réforme à la législation sur les drogues avaient raison de se réjouir aujourd'hui, après les déclarations publiques de personnalités de haut rang dans la communauté médicale et juridique, qui ont suggéré que le débat tourne en leur faveur.

Le président du Conseil de l'Ordre des avocats a fait valoir dans son plus récent rapport que la dépénalisation de la consommation de drogues aurait des avantages pour le public, tandis que le rédacteur en chef du British Medical Journal (BMJ), la publication médicale la plus respectée du Royaume-Uni, a publiquement appuyé la réforme de la législation sur les drogues.

La double évolution arrive à un moment passionnant pour ceux qui réclament une politique des drogues plus libérale. Le vice-premier ministre Nick Clegg et le Premier ministre David Cameron ont tous deux mis en doute l'efficacité des lois sur les drogues en Grande-Bretagne. Les militants espèrent qu'une réforme pourrait être en vue.

Dans le plus récent rapport du Conseil de l'Ordre des avocats, Nicholas Green, QC, a fait valoir que la décriminalisation de la drogue ne conduit pas à une plus grande utilisation et aurait pour effet une réduction de la criminalité.

«Un nombre croissant de preuves suggèrent que la décriminalisation de la consommation personnelle peut avoir des conséquences positives, libérer d'énormes ressources pour la police, réduire la criminalité et la récidive, et améliorer la santé publique» , dit-il.

«Tout cela peut être réalisé sans aucune augmentation globale de la consommation de drogues. S'il en est ainsi, il serait rationnel de suivre cet exemple. Et cela permettra d'économiser de l'argent et de diminuer la pression sur le système judiciaire.»

«Mais une approche rationnelle n'est généralement pas la réponse d'une grande partie des médias quand il s'agit de questions relatives à la justice pénale, a-t-il poursuivi.»

«C'est quelque chose auquel le Conseil de l'Ordre des avocats peut faire face. Nous sommes apolitiques; nous agissons tant pour les poursuites que pour la défense et la plupart des juges sont d'anciens membres. Nous pouvons nous exprimer en faveur d'une approche qui préconise des politiques efficaces et non pas celles qui font vitrine.»

Ces commentaires sont apparus dans une édition spéciale du British Medical Journal dans laquelle l'éditeur, Fiona Godlee, approuve un article de Steve Rolles pour Transform, un groupe qui milite pour la réforme des lois sur les stupéfiants au Royaume-Uni.

«Dans un essai très bien argumenté, Stephen Rolles nous invite à envisager une alternative à l'échec de la guerre contre la drogue», écrit-elle.

«Il dit, et je suis d'accord, que nous devons réglementer l'usage de drogues, non pas criminaliser».
Danny Kushlick, responsable des Affaires extérieures à Transform, a déclaré: «La guerre contre la drogue est en pleine crise. Ces observations montrent que le soutien à la réforme politique des politiques publiques à ce sujet est de plus en plus courant, et un changement fondamental est désormais inévitable.»

«Avec un Premier ministre et vice-premier ministre tous deux partisans de longue date des solutions pratiques à la guerre contre la drogue, au minimum le gouvernement doit entreprendre une évaluation de l'impact de ces politiques et comparer: l'interdiction, la décriminalisation, et une réglementation légale stricte.»

En 2007, M. Clegg - alors porte-parole des Libéraux Démocrates - avait déclaré «la soi-disant guerre contre les drogues est un échec» à la suite d'un rapport critique de la RSA contre la prohibition des drogues.

David Cameron a voté en faveur de la recommandation 24 dans l'enquête de la commission des affaires intérieures sur l'utilisation abusive de stupéfiants, en 2002, en ces termes : «Nous recommandons que le gouvernement amorce une discussion de voies alternatives au sein de la Commission sur les stupéfiants, y compris la possibilité de légalisation et la réglementation - pour faire face au dilemme mondial des drogues. "

Les militants pourraient être déçus s'ils s'attendent à un profond changement de politique lors de cet agenda législatif.

Alors que M. Clegg et M. Cameron ont déjà exprimé un avis favorable sur les arguments appelant à la réforme du droit des drogues, ils ne seront pas désireux de déclencher une attaque des médias contre une forte libéralisation des lois sur les drogues.

De récents commentaires du ministre de l'Intérieur Theresa May à la commission des affaires intérieures suggèrent que le gouvernement se déplace dans la direction opposée, et est prêt à adopter une loi permettant l'interdiction temporaire des drogues légales tandis que le Conseil consultatif sur l'abus des drogues (ACMD ) établit leur statut juridique.

Texte original:
http://www.politics.co.uk/news/legal-and-constitutional/experts-turn-against-war-on-drugs-$21381761.htm

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