Démanteler les 5 principaux arguments des prohibitionnistes

Traduction d'un article de Tony Newman and Stephen Gutwillig, lien en bas de page.
  


  La “guerre contre les drogues” sera sur le bulletin de vote, en Californie, ce novembre. La nation verra cet état décider s'il faut taxer et réguler le cannabis ou continuer à arrêter des adultes pour la possession de cette plante.
  
  Le vote du Regulate, Control and Tax Cannabis Act of 2010 aura une incidence sur plusieurs des questions qui sont aujourd'hui importantes pour le pays. Les californiens vont choisir comment ils désirent utiliser les ressources de la police, si les adultes qui consomment du cannabis doivent être criminalisés, comment gérer la violence tragique au Mexique et quelles doivent être nos priorités dans une période économiquement difficile. Il n'est pas étonnant que, après sept mois, cette question ai déjà généré des milliers d'articles à travers le monde.




L'opposition à cette réforme s'est cristallisée au sein de l'établissement , et a donc une argumentation. Voici leurs cinq points de discussion et la vérité:


# 1: Pourquoi devrions-nous autoriser une autre substance nocive dans notre société?


La réalité est que le cannabis est déjà largement disponible dans notre société. Qu'on le veuille ou non, c'est une drogue récréative ordinaire consommée par des millions de personnes, dont un Californien sur dix l'an dernier, selon les données du gouvernement fédéral [note: il en est de même en France]. L'initiative électorale en Californie reconnaît simplement que le cannabis est présent dans notre société et qu'il est plus judicieux de réglementer ce marché énorme, comme nous le faisons avec des drogues d'autant plus nocives comme les cigarettes et l'alcool. L'interdiction de substances très populaire ne fonctionne jamais et génère des dommages collatéraux terribles. La prohibition de l'alcool n'a pas empêché les gens de boire, mais elle a crée Al Capone et les fusillades de rues. On ne meurt pas en achetant de la bière aujourd'hui.


# 2: La régulation entraînera une montée en flèche de la consommation et des taux d'addiction au cannabis.


La vérité est que les taux de consommation de cannabis ne sont pas déterminés par le niveau des sanctions contre son usage. Si c'était le cas, les États-Unis - qui arrêtent 750.000 personnes pour possession de cannabis chaque année - n'auraient pas le double du taux de consommation des Pays-Bas, où les ventes de cannabis ont été tolérées pendant des décennies. Ce principe vaut aussi à l'intérieur des USA: certains États ayant réduit les sanctions à l'encontre de la possession de cannabis ont des taux d'usage parmi les plus bas, alors que les états qui ont maintenu des lois sévères ont des taux de consommation plus élevés.
Au regard de la toxicomanie, le risque de dépendance au cannabis est faible comparé à la plupart des autres drogues dont le tabac et l'alcool. En fait, la plupart des individus entrant en traitement pour usage de cannabis sont référés par la justice, et 65% d'entre eux ne correspondent pas à la définition clinique de la dépendance.


# 3: La régulation du cannabis profitera aux cartels de la drogue.


Il est pratiquement orwellien de prétendre que la régulation étatique du cannabis serait bénéfique aux cartels criminels. Plus de 20.000 Mexicains sont morts au cours des trois dernières années à cause de la prohibition. Il n'y a rien d'inhérent à cette plante qui ai provoqué ces meurtres brutaux. L'interdiction du cannabis lui donne plus de valeur qu'à l'or, le rend si précieux que les gens sont prêts à s'entre-tuer pour le vendre. Réglementer le cannabis et mettre sa production et distribution en conformité avec les règles de droit nous permettrait d'éliminer le monopole des cartels en vigueur, et à siphonner leurs profits de façon spectaculaire . Ils seraient les grands perdants de cette réforme.


# 4: La régulation du cannabis coûtera plus à la société que les taxes ne rapporteront.


Les impôts sur le cannabis, au même niveau que l'alcool et à l'échelle de l'État généreraient 1,4 milliard à la Californie seule, selon le State Board of Equalization. Les Californiens économiseront également des centaines de millions de dollars dédiés à l'application de ces lois futiles. Mais les opposants disent que la conduite sous emprise de stupéfiants, l'augmentation des coûts des soins de santé, et la perte de productivité finiront par coûter bien plus cher que les taxes généreront. Selon cette logique, l'alcool, ce qui entraîne près de 100.000 décès chaque année aux États-Unis, devrait être illégal et garantir la vie en prison sans liberté conditionnelle. L'essentiel est que le cannabis est le plus important des produits agricoles en Californie, est librement consommé par des millions de personnes sans aucune réglementation ou protection, et sans aucun bénéfice financier pour l'État. Dans ce climat économique, c'est une réalité que nous ne pouvons littéralement pas nous permettre d'ignorer plus longtemps.


# 5: Quel genre de message la régulation du cannabis enverra-t-il aux mineurs?


L'ironie est que la prohibition du cannabis n'a rien fait rien pour protéger les enfants. Malgré 30 ans de "Just Say No", la moitié des élèves du secondaire admettent avoir essayé le cannabis. Les élèves sont plus susceptibles de fumer du cannabis que des cigarettes et disent qu'il est plus facile d'acheter du cannabis parce que les trafiquants de drogues ne demandent pas de pièces d'identité. Encore plus glaçant, des 78.000 Californiens arrêtés pour des infractions au cannabis en 2008, une personne sur cinq est un enfant de moins de 18 ans et la moitié avaient moins de 30 ans. Distribution hors de contrôle, arrestations de masse sont le véritable problème pour les jeunes. La réglementation par l'État permettra de réduire l'accès, de séparer le cannabis des drogues dures, et nous permet de mettre l'accent sur les programmes efficaces d'éducation et de prévention contre les drogues.


    
Nous verrons ces arguments s'affronter à plusieurs reprises au cours des six prochains mois. En fin de compte, la Californie aura à choisir entre deux modèles très différents pour traiter du cannabis dans notre société.


Texte original: 
http://www.alternet.org/drugs/146594/dismantling_the_5_big_talking_points_of_marijuana_prohibitionists

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